ISET - Rosso : Un élevage durable qui améliore le mode de vie des villageois

C'est en 2014 que le SGP (Small Grant Program)/FEM/PNUD qui ne finançait jusque-là que des ONG a ouvert son guichet à des institutions de recherches et le projet 'Démonstration pour un élevage durable se basant sur les cultures fourragères et la valorisation des sous-produits agricoles' piloté par l'Institut Supérieur d'Enseignement Technologique de Rosso (ISET-Rosso) est le premier projet en partenariat avec une institution universitaire.

 

Le projet résulte d'un souci d'aider les populations de cinq villages (jedida 1, Jedida 2, Toulel 1, Toulel 2 et Toulel 3) situés près de l'ISET-Rosso à améliorer leur mode de vie. Les populations seront Impliquées dans tout le processus de mise en œuvre du projet depuis sa conception et sa planification jusqu'à son évaluation finale. Ces éleveurs vont bénéficier d'un encadrement qui, à court terme doit permettre d'améliorer considérablement les rendements de leur activité. L'objectif principal du présent projet sera d'améliorer la production laitière et la production de viande.

L'élevage extensif pratiqué jusqu'à présent par les éleveurs ciblés exerce une pression certaine sur l'environnement et engendre aussi des inconvénients dont la déscolarisation des enfants qui doivent suivre le troupeau constamment en transhumance. Le nombre de bêtes lui même constitue une charge financière considérable pour les éleveurs dont les dépenses sont difficilement couvertes par les rendements et tout cela dans un contexte où, avec le développement de l'agriculture les parcours se rétrécissent.

Afin d'éviter tous les problèmes ci-dessus, il faut nécessairement encourager les éleveurs à faire de l'élevage intensif en réduisant le nombre de bêtes et le coût des dépenses.

Prévu pour une durée de 18 mois, le projet a commencé ses activités en août 2014 par la série de formations ci-dessous :

  • Formation de dix (10) éleveurs sur la valorisation de sous-produits agricoles, les cultures fourragères, l'hygiène de traite et le suivi sanitaire des animaux etc...
  • Formation de neuf (9) membres du bureau dans les domaines de la gestion administrative financière et l'organisation.
  • Sept (7) membres du GIE crée par les villageois ont bénéficié d'une formation sur la transformation des déchets des animaux en fumier organique qui sera utilisé pour fertiliser le sol. Cette formation a été assurée par un expert Allemand du SES (Senior Experten Service) spécialiste dans ce domaine.
  • Huit femmes ont bénéficié d'une formation sur la valorisation et la transformation du lait cru en lait caillé et en yaourt.
  • Les éleveurs ont été initiés à la culture fourragère pour donner aux bêtes des aliments plus nutritifs. Les éleveurs ont été impliqués dans la production de maïs sur une superficie d'un ha.
  • Ces différentes sessions de formation ont permis aux villageois de s'imprégner de nouvelles techniques et de se les approprier pour pratiquer un élevage durable et plus rentable.

Le projet se propose aussi d'améliorer les races par le biais de l'insémination artificielle et de croisements avec des races étrangères. L'objectif est d'amener les éleveurs à atteindre des résultats similaires à ceux enregistrés à l'ISET, avec 2 vaches laitières qui produisent 32 à 34 litres par jour et d'un taureau amélioré de deux ans qui pèsent près de 500 kg.

D'ores et déjà certains objectifs sont atteints :

  • 70 éleveurs ont bénéficié du traitement gratuit de plus de 500 (cinq cents) animaux avec des produits de qualité,
  • 46 vaches ont été inséminées (les premières mises bas ont eu lieu). Une troisième campagne d'insémination va commencer incessamment.
  • Les éleveurs ont pu valoriser la production laitière et commercialiser le produit mis en bouteilles. Les femmes formées par le projet produisent à partir du lait cru un yaourt de meilleure qualité que le yaourt fait à partir du lait en poudre. Dans un premier temps le projet a supporté les charges de la transformation pour faciliter aux éleveurs l'accès au marché. L'ISET-Rosso compte même avec l'appui d'un bailleur installer dans les villages une unité de transformation qui doit permettre aux éleveurs de tirer un plus grand profit de leur production laitière.

Sur financement du projet, les éleveurs organisés en GIE devront construire un local totalement équipé où les réunions se tiendront régulièrement.